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Matos
La photo numérique, c’est bien, mais comment conserver ses clichés ?

On savait classer ses négatifs ou ses diapos, mais la gestion de ses photos numériques semble plus délicate : même en y prenant un soin maniaque, l’espérance de vie d’un CD moyen n’est pas celle d’une gélatine. Alors, docteur, keskonfé ?

Première publication le 25 juin 2005
Date de dernière mise en ligne : dimanche 6 mai 2007, par Richard BONMARIN

Tous mes négatifs N&B ou couleur sont sagement archivés dans des classeurs munis de feuillets conçus à cet effet. Quant aux diapos, elles sont rangées dans leurs paniers pour éviter d’avoir à les manipuler (eh oui, ça fait plein de boites, en effet  )

Je sors rarement l’un de ces classeurs ou l’une de ces boîtes, mais je les retrouve instantanément quand j’en ai besoin : il me suffit d’ouvrir la porte du placard qui les héberge.

De plus, je n’ai aucun doute sur la nature des images manipulées : ce sont toutes des ’originaux’.

La gestion des photos numériques me paraît moins simple : tout d’abord parce qu’il ne m’est pas possible de ’toucher’ l’image. Ensuite parce que je crains toujours de faire une fausse manip’ conduisant le cliché à sa perte irrémédiable.

Ma dernière inquiétude, et elle est de taille, est relative à la conservation de ces impalpables images : que deviendront-elles dans 10, 20 ou 30 ans, quand les technologies du moment auront transformé nos CD ou DVD en vestiges préhistoriques totalement inutilisables ? Vous vous dites "30 ans, c’est loin" ? Pourtant, pas tant que cela...

Depuis les origines de la photographie, l’image a connu diverses tailles, divers formats ; elle a aussi rapidement pris des couleurs mais elle a toujours été conservée par une gélatine sur un support transparent (ou opaque pour les Polaroïds).

Aujourd’hui, on peut faire retirer une photo des années 40 si elle a été prise avec un appareil courant de l’époque. Le négatif fait 6x6cm ou 6x9cm mais il est parfaitement exploitable. Pourtant, l’image aura déjà dans les 60 ans !

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment que si quelqu’un tombe sur l’un de mes CD-ROM de sauvegarde dans 60 ans, il ne saura pas quoi en faire. Et s’il sait quoi en faire, il se peut que les outils permettant d’exploiter le format de ces images aient disparus depuis belle lurette !

Car, avec le numérique, l’image n’existe que par la grâce d’une série de 0 et de 1 et d’un outil informatique qui saura l’interpréter et vous permettre de l’exploiter.

Alors comment faire pour que ces images traversent les années dans les meilleures conditions, voire sans mal ?

Pas de faux espoirs, je n’apporte pas LA solution mais une simple réflexion personnelle sur le sujet...

Cela étant dit, une bonne conservation des images numériques passe probablement par une organisation saine du stockage et son entretien régulier.

Conserver ses photos numériques

Quel est le premier péril encouru par une image numérique ? C’est toujours la rayure, mais d’un autre ordre, cette fois : j’entends par là le fait de rayer le fichier du système...

Le second ? Tout simplement une modification de l’image originale en voulant, par exemple, redimensionner l’image et l’alléger pour le Web : il suffit d’un peu de distraction pour enregistrer l’image modifiée sous son nom initial au lieu d’un autre nom.

Comment se prémunir de ces deux risques réels ?

Dès que vous avez terminé l’acquisition d’un ensemble de photos sur votre PC (copie de la carte mémoire, le plus souvent), vous pouvez agir efficacement en trois étapes :

- La première protection d’un fichier image consiste à lui donner la propriété "Lecture seule" dès qu’il est copié sur votre PC. Cela suffit déjà pour éviter le second péril évoqué ci-avant. A faire pour l’ensemble des nouveaux fichiers !

- Passez en revue cet ensemble de nouveaux fichiers pour vous assurer que la copie s’est faite normalement : en cas de problème, vous pourrez effectuer une nouvelle copie des seuls fichiers corrompus depuis la carte mémoire.

- Enfin, copiez les nouveaux fichiers sur un support informatique externe à votre PC : ce peut être un CR-R(W), un DVD ou une unité de disque externe. L’important est que ce support ne dépende plus du bon fonctionnement de votre PC. Ne remettez jamais à plus tard cette opération !

Si vous ne savez plus quoi faire de vos euros, vous pouvez encore réserver non pas un disque dur interne, mais deux disques, configurés en miroir (RAID 1) et indépendants de celui portant votre système d’exploitation : chaque fichier sera physiquement copié sur les deux disques, même si le système ne vous en montre qu’un. Si l’un des disques flanche, il suffit de le remplacer : vous ne perdez aucune donnée ! Attention, toutefois : il s’agit uniquement d’une sécurité contre les pannes physiques : toute suppression de fichier sera normalement répercutée sur chaque disque.

Depuis 2006, les NAS [1] sont devenus abordables : si vous avez un petit réseau domestique et de 200 à 250 euros disponibles, intéressez-vous au sujet car il apporte des services et une sécurité supplémentaire. Personnellement, j’ai investi dans une unité Iomega StorCenter 250 Go qui me rend bien des services : sauvegarde automatique de mes répertoires les plus sensibles et serveur de fichiers pour mes différentes machines.

Entretenir son stock d’images

J’ai vu récemment un CD-ROM avec une petite bulle d’air en périphérie, conséquence d’un décollement d’une couche du sandwich. Vous vous en doutez : toutes les données portées par cette partie du CD étaient devenues illisibles.

Cet exemple rappelle qu’un support comme les CD ou les DVD ne sont pas inaltérables. Leur durée de vie n’est pas constante non plus : ils peuvent subir des rayures suite à des manipulations négligentes, être exposés au soleil ou à l’humidité, bref, un moment vient où ils ne remplissent plus leur office.

Et si c’est le jour où vous en avez besoin parce que votre PC a subi je ne sais quelle catastrophe, vous êtes un peu ’mal’ 

Une sage précaution peut être de régénérer vos supports en suivant l’évolution de la technologie : un DVD-R ne coûte plus une fortune comme à son lancement et il pourra accueillir le contenu de 4 ou 5 CD-ROM créés auparavant.

La fréquence de cette régénération dépend naturellement de vos finances et de l’attachement que vous portez à vos images. En ce qui me concerne, je prévoie de refaire une sauvegarde des images portées par des CD vieux de plus de 5 ans. Pour autant, je ne jetterai pas ces ’vieux’ CDs : je les marquerai simplement comme "ayant été régénérés".

Ceinture et bretelles

Un petit mot concernant un dernier risque qu’est la perte ou la destruction de votre matériel : il peut arriver, malheureusement, qu’un grave sinistre - incendie ou inondation - détruise ou rendre totalement inutilisable votre équipement.

Une seule parade à ce risque : l’externalisation de vos sauvegardes.

C’est ce que font les entreprises pour protéger leurs données informatiques : chaque sauvegarde est envoyée dans un lieu situé à une distance jugée suffisante, soit directement par réseau, soit en différé par envoi d’une copie de chaque support de sauvegarde.

Vous pouvez en faire de même en "sortant" vos sauvegardes vers un lieu que vous estimez assez sûr. Dans cette hypothèse, vous créerez non pas un mais deux CD/DVD de sauvegarde, le second étant destiné à votre "site de secours".

Mais comment faire pour les photos récentes n’ayant pas encore fait l’objet d’une sauvegarde sur CD/DVD ?

Le mieux serait probablement de disposer d’un disque dur externe que vous auriez l’habitude d’emmener partout avec vous. Vous pourriez même conserver près de vous l’intégralité de vos photos numériques si le disque dispose d’une capacité suffisante. C’est ce que je fais actuellement avec mon petit ARCHOS Gmini de 20 Go, mais je dois avouer qu’il ne peut plus contenir, approximativement, que les 1000 images les plus récentes parce qu’il faut laisser de la place aux MP3

Comme je l’ai évoqué un peu plus haut dans cet article, j’ai également investi dans un disque externe en réseau accompagné d’un logiciel de sauvegarde qui m’apporte un supplément de sérénité !

Post-scriptum :

"Prudence est mère de sûreté", "Deux précautions valent mieux qu’une" : les dictons ne manquent pas - et sont souvent d’un âge respectable - pour nous mettre en garde face à notre insouciance. Alors, n’attendez pas pour prendre de bonnes habitudes de protection !

[1] NAS : Network Attached Storage. Ce terme désigne les unités de disques accessibles via un réseau local


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